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Les rhums de Polynésie Française
Episode 2/3 - T Rhum jeudi 6 avril 2017, par Référence Rhum | Lu 1585 fois
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Le T Rhum du domaine de Pari Pari, sur l’île de Taha’a

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La semaine suivante, je me rendais sur l’île de Taha’a, située à 210 kilomètres à l’Ouest de Tahiti. Elle partage le même lagon que Raiatea, l’île sacrée. J’y retrouvais mes amis Normands rencontrés aux Iles Marquises qui m’invitaient à bord de leur voilier Toomaï, le seul de la baie. Et quelle baie ! Abritée par le lagon, la mer est plate et l’endroit splendide. Devant le voilier, se dresse une terre verdoyante parsemée de palmiers, et de maisons éparses qui me rappellent l’île de la Dominique, petit paradis de verdure situé entre la Guadeloupe et la Martinique. Derrière nous se dessine le magnifique décor du lagon bleu et ses motus, avec en arrière plan, la silhouette de l’île de Bora-Bora, à seulement 30 km au Nord-Ouest de Taha’a. Devant nous, au fond de la baie, se trouve le Domaine de Pari Pari dont l’unique route côtière le sépare de l’eau où nous accostons avec l’annexe sur la bande de sable.

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Nous sommes accueillis par monsieur Laurent Masseron, distillateur du T Rhum et planteur de canne pour Manutea. Originaire de la région Lyonnaise, c’est lui qui a eu l’idée de lancer la culture de la canne O’Tahiti endémique à la Polynésie, afin de développer un rhum agricole de Tahiti. Face au constat de l’inexistence d’un rhum agricole dans ces îles du territoire Français d’Outre Mer, l’idée lui est alors venue de monter sa propre distillerie. Il commença par travailler pour Mana’o, auquel il fournissait le vesou, jus de canne fermenté prêt à être distillé et travaille désormais pour Manutea.

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Laurent Masseron vient du monde du vin (Saint-Emilion). Avant de s’installer en Polynésie, il était importateur et distributeur de vins et de spiritueux (notamment des rhums de la Martinique, comme J.M) pendant de nombreuses années en France.
C’est son envie de produire du rhum agricole qui l’a conduit en Polynésie Française et notamment à Tahaa afin d’y redécouvrir ces variétés anciennes qui étaient alors non exploitées. Il lui fallu une dizaine d’annéees avant de sortir ses premiers rhums avec la récolte 2015.

Monsieur Masseron distille également le T Rhum de Taha’a qu’il propose à 55°. Nous sommes en pleine période de distillation, et avons la chance d’assister à l’arrivée de la canne, encore entière, fraîchement coupée à la main.
A peine arrivée au domaine, elle est pesée, puis broyée dans ce petit broyeur composé d’un seul et unique moulin, auquel aucun ajout d’eau ne vient imbiber la canne puisqu’un seul et unique broyage. Chaque cuve de fermentation est isolée, c’est-à-dire ensemencée séparément avec des levures indigènes. La fermentation dure 48 heures environ. La distillation est simple. Laurent Masseron nous fait le plaisir de déguster la toute première cuvée du T Rhum.

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Au nez, les arômes sont si puissants que l’on peut parler d’une ressemblance avec les Clarins de Haïti. Il s’en dégage des notes puissantes de gazon coupé, de verdure, de canne et un côté amande amer. En bouche, se retrouvent les mêmes arômes avec une impression de chaleur. On est presque dans le domaine d’une eau de vie de fruits avec une explosion en bouche, puis l’alcool s’évapore et les arômes se prononcent. Se développe alors un gout anisé ou de réglisse qui reste longtemps en bouche. Bref, le T Rhum est un produit d’exception, élaboré par un alchimiste qui connait très bien son sujet et soucieux de la qualité.

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Le batch dégusté est issu de la récolte 2015, mais depuis la rédaction de cet article, la récolte 2016 est en vente.

La première cuvée est donc un succès et Laurent compte bien affiner son produit grâce à l’arrivée de son nouvel alambic, qu’il n’a pas choisi au hasard... De construction Allemande, c’est un alambic à eau de vie Italienne, similaire à celui utilisé par Capovilla pour l’élaboration de Rhum Rhum à Marie-Galante, auquel il ne soustrait qu’une distillation. Ce sera donc une simple distillation et non une double comme le pratique Capovilla. Les quantités produites resteront toujours très faibles et peu de bouteilles seront destinées à l’export. Une partie des premières cuvées de rhum blanc va être mise à vieillir.

La visite du domaine de Pari Pari ne s’arrêtait pas à la distillerie mais se poursuivait par la découverte des fameux champs de canne à sucre de Taha’a dont Laurent me faisait fièrement l’explication.
La canne O’Tahiti est soupçonnée d’avoir été exportée vers les Caraïbes par Captaine Blay. C’est avant tout une variété endémique à la Polynésie Française. De couleur rouge clair à jaune/marron, deux sous-variétés différentes sont cultivées sur l’île. Celle utilisée pour l’élaboration du T Rhum a été soigneusement sélectionnée. Plus petite en taille, elle présente des feuilles cuivrées, ses rendements sont moindres et la récolte s’effectue seulement trois à quatre mois dans l’année de septembre à novembre.

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Les champs ne sont pas certifiés en BIO mais utilisent des méthodes de culture raisonnée. Un travail de recherche terroir/variété est toujours en cours afin de déterminer les meilleures adaptations de ces variétés aux différentes parcelles.

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Laurent Masseron insiste sur les trois grandes particularités des plantations de canne exploitées qui caractérisent l’élaboration du T Rhum :
1 - Une culture extensive
2 - Une biomasse sur sol
3 - Une bagasse fertilisante

La culture des champs dite “extensive” impose que les pieds de canne respirent de sorte qu’il est possible de marcher aisément entre les rangs.

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Deuxième particularité, les sols sont issus d’une ancienne forêt dont on a laissé volontairement la biomasse sur place afin de conserver la fertilité des sols.

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Enfin, les résidus de bagasse engendrés lors de l’étape de broyage de la canne sont utilisés, non pas pour générer de l’énergie, comme il est fait classiquement dans la plupart des distilleries des Caraïbes, mais comme fertilisant naturel pour les sols.

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Ce sont alors les résidus de Coprah, c’est-à-dire la noix de coco, qui sont utilisés pour produire l’énergie, car au Domaine de Pari Pari on fabrique également de l’huile de coco, de vanille et de tamanu.

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Nous avons parcouru les champs de canne dont les différentes variétés étaient clairement visibles à l’œil nu à cette époque de l’année où la canne était mûre, prête à être coupée. Il est vrai que nous pouvions circuler aisément entre les rangées plantées, et la biomasse faite de troncs d’arbres parsemés était toujours sur place. La visite complète du domaine s’achevait avec la rencontre des deux chèvres gardiennes des parcelles. Il était grand temps pour nous de rentrer garder notre voilier qui nous attendait, fièrement accroché à son mouillage.

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Le soir, le calme et le charme des lieux opéraient. Les chants traditionnels nous parvenaient jusqu’au voilier, et nous pouvions imaginer les jeunes danser comme nous les avions si souvent admirés chaque soir aux îles Marquises. Mais ce soir là, nous étions tranquillement installés dans le cockpit de Toomaï, mouillé au pied du Domaine, dégustant un T Rhum de Taha’a aux arômes si enivrants. Devant nous, le soleil se couchait sur Bora-Bora, le lagon et ses motus…

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Par Appoline Clet

Notes supplémentaires :
Lors du dernier salon de l’agriculture de Paris, du 25 février au 5 mars 2017, Laurent Masseron y a présenté ses rhums, dont les nouveaux batch "Paille 2016" à 47% vol, un “Brut de Distillation” 2016 à 75% vol (canne rouge), et un intrigant “Single Cask Agricole” de 2016, titrant à 55% vol. Ce dernier interroge particulièrement puisqu’on ne parle habituellement pas de “single cask” pour un rhum blanc qui n’est pas passé en fût.
Nous avons posé la question au distillateur Laurent Masseron, et sommes en attente de ses réponses pour en savoir plus.
Ces nouveaux batch n’étant pas encore distribués en métropole, il est pour le moment impossible de s’en faire une idée.
A l’heure de la publication de cet article, Laurent Masseron indique que le nouvel alambic est installé et fonctionne à merveille. Le chai de vieillissement est en place et cela lui a permis de sortir quelques bouteilles de rhum paille pour le salon de l’agriculture de Paris 2017.

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A suivre... Episode 3/3 - Mana’o

La page Facebook de T Rhum : www.facebook.com/trhum/

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